Le Plan d'Épargne Retraite et l'assurance-vie sont deux outils complémentaires. Découvrez comment les combiner pour maximiser votre épargne retraite selon votre situation.
C'est l'une des questions les plus fréquentes en cabinet de CGP : faut-il privilégier le PER ou l'assurance-vie pour préparer sa retraite ? La réponse honnête est : les deux, mais pas de la même façon, ni dans le même ordre.
Comprendre la logique de chaque enveloppe
Le PER : l'efficacité fiscale immédiate
Le Plan d'Épargne Retraite a été créé en 2019 pour remplacer et unifier les anciens contrats Madelin, PERP et PERCO. Son avantage central est simple : les versements sont déductibles du revenu imposable.
En pratique, si vous gagnez 70 000 € par an et versez 10 000 € sur un PER, votre revenu imposable tombe à 60 000 €. À une TMI de 30 %, vous économisez 3 000 € d'impôt cette année. L'État vous verse, en quelque sorte, 3 000 € pour financer votre retraite.
La contrepartie : le capital est bloqué jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé légaux), et la sortie est imposée à l'IR.
L'assurance-vie : la souplesse et la transmission
L'assurance-vie n'est pas un produit d'assurance au sens strict. C'est une enveloppe d'épargne avec une fiscalité allégée après 8 ans et des avantages successoraux uniques.
Elle offre plusieurs avantages que le PER ne propose pas :
- Disponibilité totale à tout moment (pas de blocage)
- Transmission hors succession jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire
- Abattement fiscal annuel de 4 600 € (9 200 € en couple) sur les retraits après 8 ans
- Pas de date de fin : vous n'êtes pas obligé de liquider à la retraite
Le tableau comparatif
| Critère | PER | Assurance-vie |
|---|---|---|
| Déduction fiscale à l'entrée | ✓ Oui (dans la limite DER) | ✗ Non |
| Disponibilité avant retraite | Limitée (cas légaux) | ✓ Totale |
| Fiscalité à la sortie | IR sur capital + gains | Abattement + PFU 7,5 % ou 12,8 % |
| Transmission hors succession | ✗ Non | ✓ Oui (152 500 €/bénéf.) |
| Sortie en capital | ✓ Oui (depuis 2019) | ✓ Oui |
| Sortie en rente | ✓ Oui | ✓ Oui |
La stratégie combinée : comment les utiliser ensemble
La question n'est pas "l'un ou l'autre" : c'est "lequel en premier, et dans quelle proportion".
Règle générale : Si votre TMI est élevée (30 %, 41 % ou 45 %), commencez par maximiser vos versements PER chaque année. L'économie d'impôt immédiate est trop précieuse pour être ignorée.
Ensuite, complétez avec l'assurance-vie pour :
- Constituer une poche de liquidités disponibles à tout moment
- Organiser votre transmission patrimoniale
- Recevoir des revenus complémentaires défiscalisés en retraite (après 8 ans d'ancienneté du contrat)
Un exemple concret
Marie, 42 ans, dirigeante, TMI 41 %. Elle verse 12 000 € par an en épargne retraite :
- 8 000 € sur le PER → économie d'impôt immédiate de 3 280 €
- 4 000 € sur l'assurance-vie → disponibles à tout moment, fiscalité avantageuse à terme
À 65 ans, elle a deux poches distinctes : une pour les revenus réguliers (PER en rente ou retraits partiels), une pour la transmission et les besoins ponctuels (assurance-vie).
Le cas particulier des indépendants et TNS
Pour les travailleurs non-salariés, le PER prend une dimension supplémentaire via la loi Madelin. Les versements sont déductibles du bénéfice imposable (et non du revenu global), avec des plafonds spécifiques souvent plus élevés.
Un libéral avec un BNC de 100 000 € peut déduire jusqu'à 20 000-25 000 € de versements Madelin selon l'année, un levier considérable pour réduire une imposition élevée.
Ce que je recommande en pratique
La bonne répartition PER / assurance-vie dépend de trois variables : votre TMI actuelle, votre horizon de retraite et vos besoins de liquidité. Il n'existe pas de réponse universelle.
Ce que je fais avec chaque client : on part de leur situation fiscale réelle, on calcule le gain net de chaque versement sur le PER, et on détermine ensemble la répartition optimale pour l'année en cours, révisée chaque année.
Robin Vervent
CGP · CIF, Ataraxia Invest

